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Qui sont les Juifs ?

Juif ou juif ? Une question d’identité et d’orthographe

Nous choisissons d’écrire le substantif Juif avec une majuscule car il désigne les membres d’un peuple et non uniquement le nom de croyants d’une religion car tous les Juifs ne sont pas croyants et ne pratiquent pas la religion juive, mais ils se reconnaissent comme membre d’un peuple ayant une histoire et une culture commune. Ainsi, on écrit les Juifs, mais les catholiques ou les musulmans.

Notez que vivant en Diaspora dans de nombreux pays, les Juifs se considèrent également membres à part entière des pays où ils vivent. On peut être à la fois un Français et un Juif.

Origine et histoire

L’Histoire du judaïsme se confond avec l’histoire du peuple juif, son évolution suit les aléas de l’Histoire de ce peuple. C’est pourquoi on peut être juif par pratique de la religion (judaïsme) ou par adhésion culturelle sans pratiquer la religion (judéité).

Le judaïsme primitif est la conscience d’un Dieu unique (religion monothéiste) avec une exigence fondamentale de justice. La Bible relate la vie des ancêtres supposés du peuple hébreu, dont les trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob (surnommé Israël) et les quatre matriarches Sarah, Rébecca, Rachel et Léa.

D’après le récit biblique, le judaïsme devient une véritable religion lorsque Moïse conduit
les Hébreux au pied du mont Sinaï après les avoir libérés de l’esclavage d’Égypte et que le peuple accepte les « Dix Commandements ».

Le judaïsme est avant tout un engagement dans la pratique des commandements qui régissent la vie privée, la vie sociale et le culte.

Après l’installation en Terre Promise (Israël/Palestine) des douze tribus d’Israël, le judaïsme devint la religion d’un peuple sédentarisé.

La Bible raconte que le roi Salomon, fils de David, fait construire le Temple à Jérusalem.

Le Temple est détruit en 586 avant l’ère chrétienne puis reconstruit entre 536 et 515. Le second Temple est détruit par l’empereur romain Titus en 70 après J.C. Ensuite, les Juifs (nouveau nom des Hébreux, car beaucoup d’entre eux venaient de la Judée, région de Jérusalem) sont dispersés par les Romains et doivent quitter leur pays. C’est le début de la Diaspora (dispersion).

La Bible hébraïque (la Torah) constitue la Loi écrite des Juifs, commentée et explicitée par la loi orale (le Talmud).

Fondements

Le judaïsme conjugue principes universels (Dieu serait le Créateur du monde et de toute l’humanité par un ancêtre unique, Adam) et histoire particulière (les Juifs seraient le peuple témoin, responsable par ses actes devant Dieu et devant l’humanité de la transmission du message divin d’unicité de Dieu et du genre humain).

Le judaïsme est caractérisé par l’espoir que l’humanité soit régie par des lois de justice et fasse ainsi advenir les temps de paix pour tous (temps messianiques).

Le croyant est donc appelé à une remise en question permanente afin de faire advenir la justice.
Le lieu de culte des Juifs est la synagogue.

Le rabbin (rav, maître) est un leader spirituel choisi par la communauté. Il n’est pas un intermédiaire entre les croyants et Dieu.

Quelques repères sur l’Histoire des Juifs en France

Les Juifs sont présents en France depuis le premier siècle de notre ère. De nombreuses communautés juives vivent dans l’ensemble des régions de France jusqu’aux persécutions du XIIe siècle. En témoigne les nombreuses rue des Juifs ou rue de la Juiverie (quartier juif) dans des villes ou petites bourgades de nombreuses régions françaises. Les Juifs sont finalement définitivement expulsés du royaume de France en 1394. Il ne reste alors que quelques communautés juives : dans le Comtat-Venaissin sous la protection du pape (Avignon, Carpentras, Cavaillon et l’Isle-sur-la Sorgue), dans la région de Bordeaux-Bayonne où ils sont tolérés, ainsi qu’en Lorraine (annexée à partir de 1552) et en Alsace (conquise par Louis XIV en 1648).

À la veille de la Révolution française de 1789, les Juifs constituent une très petite communauté d’environ 40 000 personnes. Ils ne possèdent pas les mêmes droits (par exemple, leurs déplacements sont contrôlés et soumis à des péages,, ils sont exclus de certaines professions). Deux ans après la Déclaration des droits de l’homme de 1789, l’Assemblée Nationale vote un décret dit « d’émancipation » qui accorde aux Juifs le statut de citoyens (27 septembre 1791). La France étant le premier pays d’Europe à accorder la pleine citoyenneté aux Juifs, elle acquiert un réel prestige aux yeux des Juifs et attire de nombreux immigrants de Russie, Pologne, Roumanie ou de l’empire Ottoman.

Cependant, l’antijudaïsme de l’Église catholique perdure (les Juifs sont accusés d’avoir tué le Christ et l’Église se considère comme le nouvel Israël, seule héritière légitime du message biblique) et apparaît une nouvelle forme de rejet : l’antisémitisme racial (les Juifs seraient d’une autre « race » que les Français, donc irrémédiablement étrangers) ou économique (les Juifs sont accusés d’accaparer les richesses ou, au contraire, de diffuser des idées révolutionnaires).
La France connaît deux périodes de montée de l’antisémitisme avec l’affaire Dreyfus (1894-1906) et les attaques contre Léon Blum sous le Front populaire (1936-1939).

En 1914, 120 000 Juifs vivent en France. 6 000 sont tués pendant la Première Guerre mondiale comme soldats.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on estime la population juive vivant en France à plus de 300 000, soit 0,75 % de la population.
Depuis la fin des années 1950, l’arrivée massive des Juifs d’Afrique du Nord, après la décolonisation, a fait croître le nombre de Juifs français.

Entre 1940 et 1944, les Juifs français comme les Juifs étrangers ou apatrides vivant en France sont victimes de l’antisémitisme d’État du régime de Vichy, allié à l’occupant nazi dont l’objectif est l’extermination des Juifs.
La population juive française actuelle est estimée à environ 600 000 personnes, dont la moitié résident en région parisienne.

Les principales fêtes

De nombreuses fêtes ponctuent l’année juive.

  • Roch haChana (Tête de l’année) célèbre l’anniversaire de la Création du monde et d’Adam (l’être humain) d’après le récit biblique.
  • Yom Kippour, jour de jeûne, de confession collective et de pardon.
  • Pessah (Pâque) commémore la fois la sortie d’Égypte et la fête du printemps. Pendant une semaine les Juifs observants mangent du pain azyme.
  • Chavou’oth (7 semaines après Pessah, la Pentecôte) commémore le don de la Torah (qui comprend les Dix Commandements) sur le mont Sinaï.
  • Souccoth (Cabanes) célèbre le souvenir de l’Exode par la construction des cabanes pour y manger, y dormir et y étudier. Ces cabanes sont décorées de fruits et de légumes car c’est aussi la fête des récoltes.
     

D’autres fêtes

  • Hanoukka (Inauguration) célèbre à l’époque du solstice d’hiver, par l’allumage de bougies, la victoire de Juda Macchabée sur les oppresseurs grecs païens comme symbole de la victoire de la lumière sur l’obscurité.
  • Pourim (Sorts) est l’occasion de se déguiser, en souvenir du courage de la reine Esther, qui sauva son peuple de la destruction.
  • Le jeûne du 9 du mois d’av rappelle la destruction du Temple de Jérusalem.

Les musées

Deux musées, situés à Paris, permettent d’en savoir plus sur l’histoire des Juifs et sur l’histoire de la Shoah : 


Il existe aussi des musées en province consacrés tout ou partie au monde juif français, comme par exemple :